Réunion
concernant la présentation du Rapport du Groupe d'étude sur le développement
de l'ACICI et l'adoption des conclusions du Rapport par les Ministres
Monterrey,
21 mars 2002

1.
A l'occasion de la Conférence internationale des Nations Unies
sur le financement du développement, qui avait lieu du 18 au 22
mars 2002 à Monterrey, au Mexique, des représentants des
pays les moins favorisés et de pays industrialisés se sont
rencontrés pour assister à l'événement parallèle
organisé conjointement par l'ACICI, la Mission de la Suisse près
l'OMC à Genève, le Secrétariat d'Etat à l'économie
de la Suisse (seco) et le Département fédéral
des affaires étrangères à Berne. Cette activité
avait pour but de présenter le Rapport du Groupe d'étude
sur le développement de l'ACICI. Les recommandations figurant dans
le Rapport du Groupe d'étude ont été adoptées
à cette réunion.
2.
La réunion était coprésidée par le Ministre des affaires étrangères
de la Suisse, S.E. M. Joseph Deiss - à l'origine de la convocation -,
et par le Ministre de l'économie et des finances d'Haïti, S.E. M. Faubert
Gustave. Dans ses remarques liminaires (Annexe 1), M. Deiss a résumé
les raisons pour lesquelles la Suisse avait voulu apporter son soutien
aux membres et observateurs de l'OMC disposant de ressources limitées
et avait, par conséquent, pris l'initiative de créer l'ACICI. Il a décrit
à quel point les services de celle-ci étaient utiles et a signalé que
la structure actuelle ne permettait plus, sur le plan tant des ressources
humaines que des ressources financières, de répondre à la demande croissante.
Il fallait donc faire intervenir de nouveaux partenaires, à la fois
pour faire grandir le sentiment de solidarité envers l'Agence et pour
fournir à celle-ci des ressources supplémentaires et une structure institutionnelle
plus stable.
3.
M. Gustave (Annexe 2) a quant à lui remercié la Suisse d'avoir pris
l'initiative de créer l'ACICI et a souligné l'importance des services
que celle-ci fournissait depuis 1998. Il a mentionné les obstacles qui
empêchaient les pays les moins favorisés, en particulier les moins avancés,
de participer de manière efficace au système commercial multilatéral.
Commentant les possibilités que le commerce offrait en tant qu'instrument
de promotion du développement et insistant sur la nécessité d'accroître
la capacité de négociation des pays les moins avancés, il a déclaré
que l'Initiative de l'ACICI revêtait une importance toute particulière
pour son pays.
4.
Par suite des remarques de M. Gustave, M. Deiss a proposé l'adoption
du Rapport du Groupe d'étude et a donné la parole aux délégations.
5.
La Parlamentary Secretary du Ministère des affaires étrangères de l'Australie,
l'honorable Chris Gallus, MP [Note 1],
a remercié MM. Deiss et Gustave ainsi que le Groupe d'étude pour le
travail accompli. Elle a déclaré que l'Australie avait pris position
en faveur de la participation accrue des pays en développement aux travaux
de l'OMC et en particulier à la nouvelle série de négociations. A cet
égard, l'Australie soutenait pleinement le travail de l'ACICI, tout
particulièrement celui de l'Unité pour les Non-Résidents. Elle a également
mentionné que, lors de la réunion des chefs d'État du Commonwealth qui
avait eu lieu récemment, l'Australie avait annoncé qu'elle verserait
une contribution de 500 000 $A à l'ACICI. L'Australie se réjouissait
à l'idée de prendre part aux délibérations visant à transformer l'ACICI
en une organisation intergouvernementale (OIG).
6.
Le Ministre de la coopération pour le développement de la Suède, S.E.
M. Jan O. Karlsson, a remercié les coprésidents d'avoir organisé cet
événement parallèle et d'avoir adopté les recommandations du Groupe
d'étude qui permettront de transformer l'ACICI en une OIG au moment
jugé le plus opportun. Il a mentionné que la Conférence de Monterrey
avait jusque-là été un succès, mais que si les discussions avaient jusqu'alors
porté sur des questions de quantité, elles portaient maintenant sur
des questions de qualité. La Suède était d'avis que l'ACICI était une
organisation indispensable qui avait démontré sa raison d'être. Elle
reconnaissait que l'ACICI pouvait favoriser la participation des pays
disposant de ressources limitées au système commercial multilatéral.
Ses contributions accrues à l'OMC et à d'autres organisations liées
au commerce traduisaient bien l'engagement de la Suède à cet égard.
7.
Le représentant des Pays-Bas a félicité le Groupe d'étude, et en particulier
ses coprésidents, pour le dur labeur accompli. Les Pays-Bas souscrivaient
pleinement au mandat établi et espéraient devenir membre de l'organisation
proposée. Ils connaissaient les difficultés liées à la participation
des pays disposant de ressources limitées au système commercial multilatéral
et reconnaissaient le rôle unique que jouait l'ACICI pour les aider
à définir et à défendre leurs intérêts. Conscients des problèmes inhérents
à la transformation de l'ACICI en une organisation intergouvernementale,
les Pays-Bas étaient prêts à aider celle-ci durant la période de transition.
8.
Le représentant du Canada, M. Bill Singleton, a déclaré que son pays
adhérait fermement à l'Initiative de l'ACICI et que les travaux de celle-ci
cadraient très bien avec les efforts faits par le Canada concernant
l'assistance technique et le renforcement des capacités liées au commerce
pour les pays en développement. Il était très heureux d'annoncer que
le Canada verserait une contribution de 500 000 $Can par le biais de
l'Agence intergouvernementale de la Francophonie pour aider au
développement de l'ACICI.
9.
Michael Sarris, représentant du Groupe de la Banque mondiale, a expliqué
que celui-ci mettait sur pied un service d'études économiques et qu'il
s'intéressait aux travaux analytiques et au renforcement des capacités
dans le domaine du commerce. Le Groupe de la Banque mondiale travaillait
déjà en étroite collaboration avec des pays comme la Suède ou les Pays-Bas
et serait très heureux de poursuivre dans cette voie ; il aimerait
également savoir comment il pourrait prendre part à cette initiative.
10.
Le représentant du Royaume-Uni, M. Michael Mosselmans, a témoigné sa
reconnaissance à l'ACICI pour l'ouvrage accompli et a dit accueillir
favorablement les propositions visant à renforcer l'Agence. Selon lui,
ces propositions contribueraient à rationaliser et à officialiser la
gestion et la structure de l'ACICI. Il a ensuite ajouté que le Royaume-Uni
aimerait appuyer financièrement l'ACICI et a confirmé la promesse d'aide
de 1 million £ qui avait été faite avant la Conférence de Doha.
11.
Le représentant de la Côte d'Ivoire, M. Paul Koffi Koffi, a remercié
les participants de soutenir le travail de l'ACICI. Il a ensuite dit
espérer que son pays continuerait à l'avenir de bénéficier des services
et de l'assistance que l'Agence offrait aux pays en développement comme
la Côte d'Ivoire, qui avait une représentation permanente à Genève mais
ne faisait pas partie de la catégorie des PMA, pour entretenir des relations
plus efficaces avec l'OMC. Cela permettrait aux pays en développement
de constituer une communauté plus vaste.
12.
M. Deiss a donné la parole à M. Ablassé Ouedraogo, Directeur général
adjoint de l'OMC, qui a félicité les coprésidents pour leur travail.
Il a souligné l'importance que M. Mike Moore accordait à la présence
de l'OMC à cet événement parallèle majeure pour exprimer l'appui de
l'Organisation à l'Initiative de l'ACICI. Il a ajouté que le Secrétariat
de l'OMC avait beaucoup apprécié sa collaboration avec l'ACICI et que
sa transformation en une OIG lui donnerait une base plus stable, en
particulier en ce qui avait trait à l'assistance que l'Agence offrait
aux Membres de l'OMC ne disposant pas d'une représentation permanente
à Genève. Il a encore une fois attiré l'attention sur le fait que le
Secrétariat de l'OMC appuierait pleinement l'ACICI dans ses travaux
futurs.
13.
Le Ministre de l'économie d'El Salvador, S.E. M. Miguel Lacayo, a ensuite
pris la parole. Il a insisté sur l'utilité des services fournis par
l'ACICI aux pays qui ne disposaient pas des ressources humaines et matérielles
nécessaires pour participer pleinement au système commercial multilatéral
et qui ne pouvaient par conséquent pas bénéficier des règles de l'OMC.
Dans le même esprit, la représentante du Honduras a souscrit à la déclaration
du Ministre salvadorien, soulignant les besoins en matière de ressources
humaines et financières de son pays pour renforcer sa capacité de négociation
et mieux défendre ses intérêts au sein du système commercial multilatéral.
Elle a ensuite remercié l'ACICI des efforts effectués.
14.
Enfin, M. J. Denis Bélisle, Directeur exécutif du CCI, s'est dit réjoui
d'assister à cet événement parallèle, car il se rappelait sa participation,
quatre ans auparavant, à la création de l'ACICI à Genève. Cet exercice
avait nécessité un labeur intensif et l'Agence avait maintenant démontré
qu'elle avait un rôle unique à jouer. M. Bélisle était très heureux
de constater que la communauté internationale appuyait l'Ïuvre de l'ACICI
et était prête à la transformer en une OIG. Il se réjouissait également
de confirmer l'appui du CCI à cette initiative et de collaborer avec
l'ACICI.
15.
Le Ministre Deiss a mis un terme à la réunion en remerciant les participants,
en particulier ceux qui avaient annoncé une contribution pour le développement
de l'ACICI, et a dit espérer que l'objectif visant à conclure un accord
d'ici à la fin juin serait atteint pour que la transformation complète
de l'ACICI en une OIG puisse se faire avant la fin de l'année.
16.
L'événement parallèle a attiré un grand
nombre de représentants des pays suivants : Afrique du Sud,
Angola, Australie, Canada, Cap-Vert, Commission européenne, Côte
d'Ivoire, Danemark, El Salvador, Finlande, Géorgie, Haïti,
Honduras, Japon, Jordanie, Lesotho, Mali, Nigéria, Norvège,
Pays-Bas, République slovaque, Royaume-Uni, Suède, Suisse,
Tonga, Yougoslavie, Zambie et Zimbabwe. Parmi les organisations internationales
présentes, on retrouvait : la Banque mondiale, le Centre
du commerce international, le Groupe ACP, l'Organisation mondiale du
commerce et le Secrétariat du Commonwealth.
Annexe
1
Allocution inaugurale par
M. Joseph Deiss, Ministre suisse des affaires étrangères
à la réunion des ministres des pays membres et observateurs
de l'OMC pour
examiner les progrès réalisés
dans le cadre de l'Initiative de l'ACICI
Monterrey, Mexique, 21 mars 2002 |
Excellences,
Mesdames
et Messieurs,
Je
vous remercie tous d'avoir répondu à mon invitation et vous souhaite
la bienvenue à cette réunion.
Son but
est de donner un élan supplémentaire à l'Initiative de l'ACICI signée
à Doha en novembre 2001, dans le cadre de la Quatrième Conférence ministérielle
de l'Organisation mondiale du commerce.
L'Initiative
de l'ACICI, bien que lancée à Doha, est étroitement liée à nos préoccupations
ici à Monterrey quant au financement pour le développement.
Comme
vous le savez, dans l'Initiative de l'ACICI, les Ministres ont reconnu
l'urgence d'aider les membres et observateurs de l'OMC aux ressources
limitées.
La priorité
est accordée aux pays les moins avancés et à ceux qui n'ont pas de représentation
à Genève. Le but étant de renforcer leur capacité et leur permettre
de participer de manière efficace au système commercial multilatéral.
Les petites
économies vulnérables et les économies en transition sont également
des bénéficiaires-clés des services de l'ACICI.
Nous sommes
tous conscients que la majorité des membres de l'OMC manque de ressources
humaines et matérielles pour participer de manière efficace au système
commercial.
Ceux qui
sont représentés à Genève ne disposent que d'une petite mission et trente-quatre
de ces pays n'ont pas de mission du tout dans cette ville.
Afin
d'aider ces pays aux ressources limitées ou « moins favorisés »
à défendre leurs intérêts commerciaux, l'Agence de coopération et d'information
pour le commerce international - ACICI en abrégé - a été créée par le
gouvernement suisse en 1998.
L'ACICI
est unique. Elle fournit une variété de services gratuits, adaptés aux
besoins individuels de ces pays.
Pour ceux
qui ne sont pas représentés à Genève, l'ACICI a créé en octobre 2000
une Unité pour les Non-Résidents.
L'Unité
aide ces pays à identifier leurs priorités :
>
les informe à l'avance des questions discutées et des réunions organisées
à Genève ;
>
analyse les sujets qui leur sont peu familiers ;
>
élabore des notes de synthèse sur des sujets d'intérêt pour eux.
En bref,
elle rapproche les non-résidents de Genève.
La
demande pour les services de l'ACICI a crû de manière si rapide qu'elle
a dépassé les ressources humaines et financières de l'agence et cela
à un moment crucial.
En
effet, maintenant que l'OMC vient d'adopter un Programme de travail
ambitieux, les services de l'ACICI sont encore plus nécessaires.
Les
nouvelles négociations multilatérales et autres activités couvrant des
questions commerciales sont de grande importance pour les pays auxquels
l'ACICI offre ses services.
Pour faire
face à cette situation, nos gouvernements ont lancé l'Initiative de
l'ACICI.
Nous avons
créé un Groupe d'étude pour examiner la faisabilité de la transformation
de l'ACICI en une organisation intergouvernementale et pour améliorer
sa base financière et structurelle.
Nous avons
également invité le Groupe d'étude à rédiger un rapport de situation
que nous pourrions examiner ici à Monterrey.
Les conclusions-clés
de ce rapport sont claires. Le Groupe d'étude est convaincu que :
>
l'ACICI fournit des services de valeur aux pays aux ressources limitées ;
>
que ses ressources doivent être renforcées afin de satisfaire leurs
besoins grandissants ;
>
que sa transformation en une organisation intergouvernementale - une
« OIG » dans notre jargon - sur une base plus large et stable
est souhaitable, aussi bien à cet égard que pour assurer aux pays bénéficiaires
une participation accrue aux travaux de l'ACICI.
Le Groupe
d'étude a recommandé que nous l'autorisions à rédiger un Accord intergouvernemental.
Le but
étant de transformer l'ACICI en une OIG.
Comme
prochaine étape, le Groupe d'étude nous fera des propositions sur la
manière dont l'organisation et les activités de l'agence devraient être
financées.
Il nous
a indiqué qu'il pourrait présenter un tel accord pour fin juin 2002.
J'espère que ceci permettrait l'organisation d'une cérémonie de signature
bien avant la fin de l'année.
Si nous
pouvons accepter cette recommandation aujourd'hui - et je suis certain
que nous le pouvons - nous aurons effectué un pas concret et décisif
vers l'accomplissement de notre Initiative.
Nous aurons
ajouté une composante fondamentale au système participatif et ouvert
à tous auquel nous aspirons.
Merci
de votre attention.
Annexe 2
Remarques
liminaires de M.
Faubert Gustave,
Ministre de l'Economie et des Finances d'Haïti, lors
de la réunion
des ministres des Membres et Observateurs de l'OMC,
pour l'examen des progrès réalisés
dans le cadre de l'Initiative de l'ACICI
Monterrey, Mexique, 21 mars 2002
Excellences,
Mesdames
et Messieurs,
Laissez-moi
également vous remercier de participer à cette séance de travail qui
devra déboucher sur des décisions concrètes relatives à une meilleure
structure d'appui pour nos pays. Permettez-moi également de remercier
le Gouvernement suisse pour cette initiative. Il a su identifier et
adresser de manière pratique et directe l'une des contraintes majeures
à notre participation positive à la globalisation mondiale. Il s'avère
inutile d'insister ici sur l'importance des services offerts par l'ACICI
depuis sa création en 1998. Elle est tellement sollicitée qu'aujourd'hui
nous sommes réunis ici pour discuter des modalités de renforcement des
capacités de cette institution de manière à accroître notre participation
au système commercial international.
Le
Groupe d'étude, je pense, nous a remis un rapport assez extensif répondant
au mandat qui lui avait été confié. Le point important qu'il convient
de retenir ici est qu'à la base, les contraintes auxquelles font face
nos pays sont d'ordre financier et technique. Les ressources dont nous
disposons ne nous permettent pas d'établir une représentation importante
et appropriée à Genève, capable de participer valablement aux discussions
et négociations à l'OMC. Faute de ressources appropriées, nous demeurons
mal informés sur les implications des différentes décisions prises au
niveau du commerce mondial et qui vont déterminer notre intégration
future dans l'économie mondiale. Il est donc crucial que l'information
circule dans nos pays, que notre participation soit active et efficiente.
C'est
seulement si nous nous approprions des décisions prises à l'échelle
mondiale que le commerce deviendra réellement un instrument de promotion
du développement pour nos pays classés PMA. Pour cela, il faut que nous
augmentions notre capacité de négociation. Pour défendre nos intérêts
il faut d'abord que nous soyons en mesure d'identifier où ils résident.
Pour
mon pays, cette initiative revêt une importance toute particulière.
En proie à des difficultés multidimensionnelles aggravées par une mauvaise
compréhension de la notion de partenariat du côté de nos partenaires
internationaux, nous nous retrouvons à plusieurs égards laissés pour
compte.
Dans
le rapport du Groupe d'étude, il a été mis en évidence les avantages
et inconvénients de la transformation de l'ACICI en une OIG notamment
la possibilité de disposer d'un fonds plus important constitué à partir
des contributions nos seulement des 49 Etats membres utilisateurs réels
ou potentiels des services de l'ACICI mais également de nos pays amis
(telle la Suisse) et des institutions internationales intéressées par
cette initiative. Nous devons donc aujourd'hui nous entendre sur les
modalités de mise en place de cette nouvelle structure et nous prononcer
sur le projet de résolutions qui nous a été transmis.
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